mardi 16 novembre 2010

Greenwashing : Ne pas se fier à la tolérance apparente de ses clients

Les résultats de l’étude EcoBaromètre sur greenwashing publiée par Conscient Networks au mois d’Octobre soulignent la différence importante d’appréciation de la communication verte entre clients et non clients.

Après avoir visionné 4 spots publicitaires de marques de l’agro-alimentaire utilisant le thème du développement durable, les répondants sont invités à s’exprimer sur la légitimité de ces entreprises à utiliser ce thème.

Au vu des résultats, il s’avère que les clients réguliers de ces marques sont beaucoup plus tolérants que les clients occasionnels qui sont eux beaucoup plus tolérant que les non-clients.



DES CLIENTS BEAUCOUP PLUS TOLERANTS

Même si les clients réguliers ne sont pas debout comme un seul homme pour soutenir leur marque, il semble que le fait d’être client affecte la lecture de la communication verte par les consommateurs.
Le fait d’être client introduit donc un biais dans la perception du consommateur qui pourrait s’il n’y prend pas garde se retrouver complice des stratégies de greenwashing.


En effet, les entreprises surfant sur la vague verte sont susceptibles de lire  dans ces résultats le cautionnement de leurs stratégies de légitimation et un soutien à leur communication greenwashing.

Mais attention, il s’agit d’un jeu dangereux !
  1. Si les clients sont plus tolérants, ils ne sont en aucun cas complètement dupes ! La note qu’ils attribuent n’est en effet que légèrement supérieure à 6 sur 10
  2. Les non-clients sont eux piqués au vif et vent debout contre cette communication. Non seulement ils jugent très sévèrement la légitimité de ces entreprises à tenir un discours sur le thème du développement durable mais ils se déclarent prêts à en parler de manière négative autour d’eux et sur internet.


Or, en ces temps où la puissance des réseaux sociaux se renforce tous les jours le danger est grand pour les entreprises. Si elles pouvaient jusqu’à il y a 5 ans se permettre d’ignorer les effets négatifs de leur communication sur les non-clients, l’émergence des réseaux sociaux remet cette approche en question. 

En effet, la puissance de communication des consommateurs s’est démultipliée grâce aux Facebook, Twitter et autres outils du web 2.0. Les entreprises utilisant des stratégies de greenwashing se retrouveront donc attaquées par leurs non-clients sur les réseaux sociaux et les sanctions peuvent être fortes comme en témoigne l’aventure Nestlé, WWF, l’huile de palme et les réseaux sociaux.
mercredi 27 octobre 2010

Communication verte : attention danger !

Plébiscitée par une majorité de Français, la consommation responsable prend plusieurs visages et influe de plus en plus sur les comportements d’achat. L’offre se développe constamment et les annonceurs rivalisent d’arguments pour conquérir et fidéliser les consommateurs citoyens en attente de développement durable.

Etude inédite réalisée auprès d’une population représentative des nouveaux consommateurs responsables, l’Ecobaromètre s’est intéressé pour sa première vague à la communication verte de l’industrie alimentaire et à ses effets.
 

LA COMMUNICATION VERTE EN MANQUE DE PREUVES




Si plus de 50% des répondants considèrent la communication « responsable » en hausse ou en forte hausse, ils jugent pourtant majoritairement que les entreprises communiquent plus sur des produits que sur leur image. Ils sont encore plus nombreux à estimer qu’il y a trop peu  de communication sur des actions concrètes.

DES SECTEURS INEGAUX






4 secteurs  sont perçus comme les plus communicants : l’énergie, l’alimentation, l’automobile et  les cosmétiques. A l’opposé, le luxe, les assurances et les produits financiers  sont perçus comme très peu présents sur les thèmes du développement durable:





L’ENVIRONNEMENT D’ABORD… MAIS DU CONCRET !


Si les répondants sont sensibles à toutes les dimensions de l‘écocitoyenneté des produits, ils le sont sensiblement  plus à celles liées à l'environnement qu’à  celles liées  au sociétal ou  à l’équitable.



 Au-delà du discours, la demande de garanties est forte ce qui souligne le besoin de preuve.


DES CLIENTS BEAUCOUP PLUS TOLÉRANTS



Sur la légitimité des marques à communiquer, une partition s’effectue entre les clients et les non-clients : autant les premiers sont enclins à soutenir la marque, même s’ils ne sont pas complètement convaincus par ses arguments, autant  les seconds  se montrent jusqu’à 2 fois plus sévères dans leur jugement.




LA MOBILISATION CONTRE LE GREENWASHING


Loin d’être indifférents, lorsque non convaincus par la communication responsable, les nouveaux consommateurs se déclarent majoritairement prêts à relayer leur avis négatif.
 

  • Si 3 répondants sur 4 déclarent être prêts à en parler autour d’eux, seulement 11% envisagent de le faire de manière positive

  • Si environ 25% des répondants envisagent de parler de manière très négative de l’une des communications visionnées pendant l’étude, c’est 35% des « influents » (ceux qui déclarent créer et publier régulièrement des contenus en ligne) qui envisagent de faire de même.

CONCLUSION


  1. La communication verte des entreprises peine à convaincre.  Dans l’esprit des consommateurs responsables, elle n’apporte pas de preuves satisfaisantes. Elle s’apparente ainsi trop souvent à du greenwashing.
  2. Inefficace auprès des non-clients, la communication verte génère aussi un impact négatif sur la perception des marques. Elle pousse à l’expression (3 répondants sur 4 envisagent d’en parler autour d’eux) mais de manière négative - à plus de 50% contre seulement à 11% de manière positive et principalement sur internet. Si les clients sont plus bienveillants à l’égard de la communication verte des marques qu’ils achètent que les non-clients, ils ne sont pas dupes pour autant et n’adhèrent que modérément à la communication verte de leurs marques.
  3. La communication responsablese doit donc d'apporter les preuves à l'ensemble des ses publics. Sous penie de se décrédibiliser, les marques doivent impérativement écouter les consomateurs citoyens et s'ouvrir à leurs idées.

 

EN SAVOIR PLUS

Retrouvez plus de détails sur cette présentation.

samedi 25 septembre 2010

Les dimensions éco-citoyennes de la communication: l’environnement plus fort que le social

La communication durable offre une palette de thèmes aux annonceurs : eco-emballages, respect des standards de protection sociale ou environnementale, impact sur la biodiversité, le changement climatique etc. Un véritable smogesbord où apprentis sorciers du greenwashing et robins des bois du marketing durable puisent leur imagination.

L’éco-baromètre s’est intéressé à la sensibilité des consommateurs aux différents thèmes de la communication durable. Si les répondants sont sensibles à tous les thèmes de la communication durable, ils le sont plus à ceux liées à l’environnement qu’à ceux liées à la responsabilité sociale (Répartition du prix entre les différents intervenants, Garantie de respect des standards de protection sociale).

       Dans le trio de tête nous retrouvons
       en premier lieu la Garantie de production respectant l’environnement - Amis marketeur, à vos labels !
       L’impact sur la biodiversité – Faire de 2010 l’année de la biodiversité commence à porter ses fruits
       Eco-responsabilité de l’emballage

       Coté thèmes de communication à moindre sensibilité (mais malgré tout importante), « la répartition du prix entre les différents intervenants » tient la corde.

Le commerce équitable s’efface donc devant la protection de l’environnement – cela expliquerait-il que celui-ci malgré les années reste encore relativement confidentiel tandis que les labels environnementaux auraient, eux, de beaux jours devant eux.
mercredi 15 septembre 2010

Les 7 péchés de la communication verte

L'agence nord-américaine Terra Choice, spécialisée dans le marketing environnemental, a publié en 2009 un rapport -toujours d'actualité - détaillant aux USA et au Canada les pratiques de greenwashing. 

Elles sont listées en 7 catégories, 7 "péchés" dont la communication verte se rend régulièrement coupable :

1. Péché du compromis caché 
tradeoff_smcommis lorsqu’on laisse croire qu’un produit est «vert» en se basant sur un nombre déraisonnablement restreint de critères, sans égard à d’autres préoccupations écologiques importantes. Exemple : le papier issu de forêts à récolte durable, qui net tient pas compte d'autres facteurs notamment l’énergie, les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la pollution de l’eau et de l’air.


2. Péché d’absence
noproof_smde preuve, commis lorsqu’une prétention écologique ne peut être étayée par une documentation facilement accessible ou par l’agrément de tierces parties. Exemple : les mouchoirs jetables qui prétendent renfermer différentes proportions de contenu usagé recyclé sans en fournir la moindre preuve.
 


vagueness_sm 
3. Péché d’imprécision, commis par toutes les prétentions trop mal, ou trop vaguement, définies prêtant à mésinterprétationde la part du consommateur. Exemple : «entièrement naturel», qui ne représente pas une image véridique étant donné que des matières comme l’arsenic, l’uranium, le mercure et le formaldéhyde sont également naturels, mais pourtant toxiques


irrelevance_sm4. Péché de non-pertinence, commis par les prétentions écologiques qui pourraient être véridiques mais sans importance ou inutiles pour les consommateurs qui veulent se procurer des produits écologiquement préférables. Exemple :  «Sans CFC», les  CFC étant interdits par la loi.





 


lesser_sm5. Péché du moindre de deux maux, commis par des prétentions qui peuvent s’avérer véridique pour une catégorie de produits, mais qui pourraient détourner le consommateur des impacts environnementaux plus sérieux de l’ensemble de la catégorie. Exemple : les cigarettes biologiques.











fibbing_sm
6. Péché du mensonge, le péché le moins répandu, est commis lorsqu’il s’agit de prétentions écologiques fausses. Exemple : les produits qui se prétendent à tort homologués Energy Star.



worship_sm 

7. Péché du label mensonger, lorsqu’un produit adopte des prétentions ressemblant à celles de tierces parties qui, habituellement, prennent la forme d’image ou de sceau d’agrément alors qu’il n’existe pas d’agrément officiel.


Pour accéder à l'étude, téléchargez le rapport (en français)

Et pour éviter de commettre un ou plusieurs des 7 péchés, téléchargez le guide du marketer responsable (en anglais)
lundi 13 septembre 2010

Les réseaux sociaux - nouvelle plateforme de communication


La progression du nombre d’inscrits à un réseau social est vertigineuse et les bouleversements auxquels nous devons nous attendre sont illimités. Les résultats de la première version de l’Ecobaromètre révèlent que plus de 62% des répondants sont membres d’un réseau social et parmi ceux-ci, Facebook domine largement avec plus de 59% des répondants suivi de viadéo (15%).

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui plus utilisés que l’email outre Atlantique. L’étude Nielsen publiée en Aout 2010 nous révèle que 22.7% du temps passé en ligne par les américains est consacré aux réseaux sociaux (en augmentation de 43% sur 1 an) alors que seulement 8.3% du temps est dédié aux emails (-28%). Nous passons donc d’une communication one-to-one à une communication one-to-many bien plus puissante. La tendance est lourde et les conséquences nombreuses !

Les usages des réseaux sociaux sont variés et de véritables typologies ont été définies. Ceux que la typologie Forrester définie comme des « creators » (ayant créé et publié un contenu) atteignent le nombre énorme de 50% des répondants (dont 17% se définissant comme créateurs réguliers (plus régulièrement que une fois par mois)).

Nombreux sont aussi ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour qualifier leurs achats. 56% des répondants ont au moins une fois recherché sur internet le point de vue d’autres consommateurs avant de choisir un produit (dont plus de 25% de temps en temps / régulièrement / systématiquement). Tandis que 37.8% des personnes interrogées ont confirmé avoir déjà mis un commentaire sur internet en lien avec un produit acheté.

Les commentaires sur l’expérience produits étant de mieux en mieux partagés, le « nouveaux consommateur » est bien mieux informé. Son choix de consommation est plus éclairé que jamais. Il obtient une voix face à l’entreprise fournisseur de bien et de services qui se doit de l’écouter et de gérer sa satisfaction. Le « nouveau consommateur » a donc de nouveaux pouvoirs et de nouvelles attentes. Il est important de souligner que nous ne parlons plus d’un groupe isolé à la pointe des nouvelles technologies mais bien d’une majorité de la population. Entreprises, à vos claviers ! Il est urgent de se familiariser avec la puissance des réseaux sociaux.

La communication durable a le vent en poupe !

Les premiers résultats de l’Ecobaromètre nous confirment que la communication des entreprises sur le thème du développement durable a le vent en poupe ! Seules 21% des personnes interrogées la considèrent comme en baisse ou en forte baisse tandis que 50% la considère en hausse ou en forte hausse.

Les personnes interrogées voient peu les entreprises communiquer sur des opérations concrètes. Cependant, et  contrairement à ce que l’on pourrait penser, lorsqu’elles communiquent,  il ne s’agit pas seulement d’une communication-produit mais aussi de la communication institutionnelle.

Commencent donc à se distinguer plusieurs éléments :
  • La communication des entreprises sur le thème du développement durable s’intensifie
  • La perception est que les entreprises utilisent autant les thèmes du développement durable pour leur communication institutionnelle que leur communication-produit
  • La communication sur des actions concrètes en lien avec le développement durable reste à la traine


Les entreprises privilégieraient elles le discours à l’action ? C’est en tout cas la perception des participants à l’enquête.

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L'écobaromètre

Une enquête omnibus inédite pour écouter et comprendre les consommateurs responsables, et mesurer l’impact constaté de la consommation citoyenne.
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Le réseau social écocitoyen

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